Réduction des décès liés à la drogue

Depuis le milieu des années 90, on connaît mieux les facteurs de risques sociaux et personnels, les risques de décès liés à la drogue et les circonstances dans lesquelles ils sont susceptibles de se produire, en particulier la surdose fatale d’héroïne (par exemple, Best et al., 2000; 2001; Origer et Delucci, 2002), et les résultats des recherches montrent que les approches médicales et éducatives présentent un potentiel considérable de réduction du nombre de décès. La réduction des décès par surdose récemment observée dans plusieurs pays (France, Espagne) a été attribuée à l’augmentation de la disponibilité du traitement de substitution (par exemple, en France: rapport national, 2002, 2003) ainsi qu’à l’évolution du mode d’administration, avec une réduction de la consommation par injection (OEDT, 2004b).


Encadré 4 : salles de consommation

Des «salles de consommation de drogue», centres dans lesquels les usagers de drogues confirmés sont autorisés à consommer leurs drogues dans de bonnes conditions d’hygiène, sous la surveillance d’un personnel qualifié et sans la crainte de l’arrestation, fonctionnent dans trente-neuf villes européennes. Le rapport européen sur les salles de consommation de drogue (European report on drug consumption rooms, OEDT, 2004a) décrit ces centres, leur raison d’être et la façon dont ils ont été créés; il décrit les groupes cibles de ces installations, leurs objectifs et leur fonctionnement et fait la synthèse des faits probants.

Les salles de consommation constituent des services hautement spécialisés intégrés dans un réseau plus vaste de services proposés aux consommateurs de drogue. Elles se fondent sur le consensus et la coopération active entre les travailleurs dans le domaine de la santé, la police, les autorités locales et les communautés locales. Le rapport met en évidence qu’elles parviennent à établir un contact avec un groupe hautement problématique de consommateurs de drogue et à promouvoir l’accès de ceux-ci à des soins de santé primaires dont ils ont grandement besoin ainsi qu’aux services sociaux et de traitement. Le taux de morbidité et les risques de mortalités, ainsi que la nuisance suscitée par la consommation de drogue en public, sont réduits grâce à l’accès des consommateurs de drogue à un matériel d’injection propre et à un environnement surveillé.


La réduction du nombre de décès liés à la drogue est un objectif au niveau européen (objectif 2 de la stratégie antidrogue 2000–2004 de l’UE) qui est repris dans un nombre croissant de stratégies antidrogue nationales dans les États membres (tableau 8 EL).


Tableau 8 EL : Stratégies et sélection de mesures pour réduire les décès liés à la drogue dans les 25 États membres de l’UE et en Norvège (EN)


La diffusion de documents d’information et d’éducation sur les risques de surdose et la gestion de la crise (dépliants, affiches, brochures ou vidéos) auprès des usagers de drogues et de leurs réseaux sociaux est couramment pratiquée dans la plupart des anciens États membres, mais elle n’est pas habituelle dans les nouveaux États. D’autres mesures fondées sur les données probantes, telles que l’intervention des pairs dans le cas d’urgences de toxicomanie et l’encouragement à appeler une ambulance pour les usagers de drogues qui seraient témoins d’une surdose, sont signalées dans les rapports de plusieurs pays, mais l’on ne connaît pas encore systématiquement le niveau de l’offre de telles formations. La distribution d’un antagoniste des opiacés, la naloxone, aux usagers de drogues constitue l’une des mesures prises et est considérée, dans certains pays, comme diminuant les décès par overdose (83) (OEDT, 2003a).

Dans certains pays, les centres de consommation supervisée de drogues sont à la disposition des usagers de drogue sans domicile fixe très exposés au risque de surdose dans des milieux de toxicomanie ouverts: de tels services existent en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas, et sont en préparation au Luxembourg, en Slovénie et en Norvège. Si la couverture est adéquate, ces salles peuvent contribuer à réduire le nombre de décès liés à la drogue en milieu urbain. (voir également encadré 4).

Un projet axé sur les services d’urgence en Autriche s’adresse aux usagers de drogue chez qui les surdoses sont fréquentes. (84).


(83) Voir le tableau 8 EL: Stratégies et sélection de mesures pour réduire les décès liés à la drogue dans les 25 États membres de l’UE et en Norvège.

(84) Voir la personne à contacter pour le projet autrichien EDDRA dans la base de données de l’EDDRA..