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Observatoire européen des drogues et des toxicomanies
Rapport annuel 2004:
l’état du phénomène de la drogue dans l’Union européenne et en Norvège
Des taux élevés d’infection par le virus VHC de l’hépatite C parmi les usagers de drogue inquiètent de plus en plus les professionnels de la santé. Entre 60 et 80 % des personnes ayant contracté le virus sont atteintes d’infection chronique, ce qui entraîne des maladies du foie en stade final dans 20 % des cas, mais l’accès des usagers de drogue au traitement de l’hépatite C est faible. Un point sur la politique et une monographie scientifique sur l’hépatite C produits par l’OEDT sont disponibles en ligne (OEDT, 2003c, OEDT, 2004d) (76).
La situation des usagers de drogue en ce qui concerne l’accès au traitement des maladies du foie demande à être améliorée dans la plupart des pays. Étant donné que les lignes directrices en matière de traitement sont considérées comme un outil important pour guider la mise en oeuvre du traitement médical, l'OEDT a effectué une analyse des lignes directrices pour le traitement de l’infection au VHC chez les usagers de drogue dans les 15 «anciens» pays de l’UE et en Norvège en 2003/2004(77). L’étude a révélé que dans de nombreux pays, une révision de l’orientation nationale était en cours, tenant compte des options de traitement améliorées et des résultats sensiblement meilleurs. Certains nouveaux documents d’orientation se référaient explicitement aux travaux de recherche qui corroboraient les avantages qu'avaient les usagers de drogue à bénéficier de traitements fournis par des équipes interdisciplinaires d'hépatologues et de spécialistes de l’usage de la drogue.
Des financements spécifiques doivent être mis à disposition par le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (GFATM) pour fournir des traitements antirétroviraux à des patients d’Estonie et de Bulgarie, pays candidat: le nombre de personnes qui devraient recevoir un traitement antirétroviral est de 500 en Estonie et de 200 en Bulgarie (Secrétariat du GFATM, 2004).
Les principales tendances des prestations de services à bas seuil pour les usagers de drogue, axées à l’origine sur l’échange de seringues, comprennent une intégration accrue avec d’autres services axés sur la survie, tels que les centres d’hébergement d’urgence, et avec les services médicaux et de soins de santé, ainsi que l’extension des heures d’ouverture le soir, la nuit et le week-end.
Devant faire face à un nombre croissant d’usagers de drogue chaotiques montrant peu d'inclination à faire appel à eux, les services néerlandais compétents en matière de drogue recourent à la persuasion «amicale» pour arriver à convaincre les usagers normalement hors d'atteinte à entreprendre des soins. Cette approche appelée «soin interventionnel» («interferential care») permet d’offrir un service de proximité efficace à un groupe de personnes vulnérables atteintes de multiples problèmes et qui, bien que se trouvant dans une situation alarmante qui menace leur qualité de vie, ne recourent pas aux infrastructures de soin habituelles (Roeg et al., 2004).
Les contacts avec les usagers de drogues et les personnes à risques sont essentiels pour la transmission des messages d’éducation sanitaire et la prévention des dommages sanitaires liés à la drogue. Cette démarche est appliquée à grande échelle en République tchèque, où un réseau dense de 93 services répartis à travers tout le pays a touché plus de 22 000 usagers de drogues à problème en 2002 – plus de la moitié de la population estimée des usagers de drogue (rapport national de la République tchèque, 2003, p. 35).
Plusieurs autres pays reconnaissent le rôle des services à bas seuil pour les toxicomanes en tant que plateforme de soins médicaux de base, tels que le traitement des blessures et des abcès, par exemple les antennes de soins sur le terrain en Norvège. En Finlande, des services médiaux à bas seuil appelés «centres de conseil sanitaire» mènent avec succès des campagnes de dépistage et de vaccination. La possibilité de recevoir des soins médicaux attire même les usagers de drogues qui sont habituellement difficiles à atteindre, et le contact avec le personnel médical offre une possibilité, en plus des occasions offertes par l’échange de seringues, d’obtenir des ressources et de s’orienter vers des services tels que le conseil et les tests de dépistage du VIH, les soins médicaux et le traitement de la toxicomanie (OEDT, 2004a).
Le besoin de services à bas seuil est plus important dans les pays présentant des épidémies «anciennes», où les usagers de longue date par voie d’injection connaissent des problèmes sanitaires considérables et sont plus marginalisés et socialement exclus: la gamme croissante des services proposés peut aussi traduire une dépendance accrue de ce groupe vis-à-vis des services.
(76) Voir l'encadré 4 EL: Les problèmes clés de l’hépatite C présente les résultats de trois publications de l’OEDT sur l’hépatite C.
(77) Analyse des lignes directrices pour le traitement des infections au virus de l’hépatite C en ce qui concerne l’accès au traitement pour les usagers de drogue.